HENRY IV

Ce fut le premier souverain de la lignée des Lancastres. Petits fils d'Edward III , Henry était né en 1367 à Bolingbroke de Jean de Gand et de Blanche de Lancastre. Il avait épousé en 1380 Marie de Bohun dont il eut sept enfants.

Durant sa jeunesse, il eut des relations très orageuses et conflictuelles avec le roi Richard II, principalement à cause du choix de ses conseillers, même si ses grandes qualités militaires lui valurent par moments la faveur du souverain. En 1399, à la mort de son père Jean de Gand, Richard II prit la décision de confisquer tous ses domaines et d'envoyer le fils en exil pour dix ans, ce qui amena Henry Bolingbroke à se revolter et à comploter pour obtenir sa destitution. Profitant de son absence en Irlande, il constitua une armée et vainquit son cousin dans une bataille rangée au cours de laquelle, il s'assura de sa personne. Ce fut ensuite un jeu d'enfant d'obtenir du parlement la destitution de ce roi très impopulaire.

L'usurpation d'Henry IV, provoqua une véritable levée de boucliers et pendant les dix années qui suivirent, le nouveau souverain dut faire face à de nombreuses rebellions venant d'horizons divers. Les peuples récemment soumis tels que les gallois d'Owen Glendower et les Ecossais ne manquèrent pas de souligner l'illégitimité du nouveau monarque et tentèrent à nouveau de s'affranchir de la tutelle anglaise. Pire, à l'intérieur même du pays, le roi dut affronter l'opposition de puissantes familles restées fidèles à Richard, telles que les De Percy et les Mortimer. L'Archevêque d'York , Richard Scrope affirma à partir de 1405 son refus clair de l'avènement de la nouvelle dynastie de Lancastre.

La répression qui s'en suivit, l'exécution de l'archevêque alertèrent le peuple anglais et confortèrent le sentiment d'impopularité qui montait. Le roi développa une maladie de la peau et fut touché par des crises d'épilespsie, ce qui persuada la croyance poulaire que dieu le punissait pour le mauvais traitement qu'il avait infligé à un homme d'église. D'autre part, la répression avait un coût et le roi fut sans cesse obligé de solliciter le parlement pour l'attribution de nouveaux subsides, ce que dernier accepta avec réticence mais en échange de l'accord de plus grands pouvoirs et d'une plus grande autonomie vis à vis du pouvoir royal. Le mécontentement populaire fit gagner de nouveaux adeptes au mouvement réformateur de John Wycliffe, à tel point que les tenants de la doctrine orthodoxe inquiets par le développement de ce mouvement, prirent des mesures qui purent s'apparenter à une première loi anti-hérétiques en 1401.

Durant les deux dernières années de son règne, Le roi délégua ses pouvoirs à son fils Henry. Miné par la lèpre et l'épilepsie, il mourut en 1413 à Westminster Abbey au sommet de l'impopularité et du dédain de ses contemporains.